#coronavirus


l’essentiel
Un homme incarcéré au centre de détention de Muret, près de Toulouse, vient d’être testé positif au Covid-19. Il a été isolé dans un étage dédié aux éventuels malades. Il travaillait à la plonge, en cuisine. Le syndicat SPS tire la sonnette d’alarme : « On a besoin de masques! »

Un premier détenu vient d’être testé positif au Covid-19. Cet homme incarcéré au centre de détention de Muret, au sud de Toulouse, a été isolé ce jeudi dans l’étage dédié aux éventuels malades. « Mon mari m’a dit qu’il avait vu des personnes en blouses blanches passer avec des bouteilles à oxygène », prévient ce jeudi soir, une femme de prisonnier. Un homme de 51 ans qui rencontre de graves problèmes avec sa tension. « J’ai très peur pour lui. Là-bas, tout le monde redoute de l’attraper », poursuit-elle. Ce qui la tétanise, c’est que son époux distribue les repas et la personne infectée officie en cuisine. « Ce monsieur qui souffre du Coronavirus travaille à la plonge, pas à la préparation des repas », précise Christy Nicolas, secrétaire général adjoint du Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS).

A lire aussi :
DIRECT. Coronavirus : 9 nouveaux décès en Occitanie, 365 en France, dont une fille de 16 ans

Des plaintes envisagées 

Un homme très inquiet pour les agents de l’administration pénitentiaire et les détenus. « On a besoin de masques partout dans l’établissement, pas seulement à l’étage qui a été réservé aux cas suspects, tous testés négatifs. Mais il est vrai que ce jeudi, les suspicions concernant cet homme à Muret ont été confirmées. Depuis dix jours, tout est régulièrement désinfecté et il y a du gel en quantité. Les masques manquent cruellement. Il y a un stock de 5 000 pièces à la Direction interrégionale, qui correspond à l’Occitanie, mais ils veulent les garder pour le pic de l’épidémie et il n’y a pas de renouvellement prévu à ce jour. 5 000, ce n’est rien du tout: ça partira en deux ou trois jours », se désole le syndiqué. Et il le sait: chaque jour, les agents vont travailler « la peur au ventre ». « Pour tout le monde, surveillant comme détenus, c’est une phobie. Il faut comprendre que le monde pénitentiaire est un microcosme où la promiscuité règne. On réfléchit d’ores et déjà à d’éventuelles procédures en justice contre notre administration. »

Assistée par Me Alexandre Martin, l’épouse qui se ronge les sangs pour son mari de 51 ans en appelle à un peu de « bon sens ». « Juste le temps de l’épidémie, il faut mettre ceux qu’on peut dehors, sous bracelet par exemple. » Oui mais voilà, avec le retrait des personnels des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) et du Pôle de surveillance électronique, il est très compliqué pour ne pas dire, impossible, de mettre en place de telles mesures.

« La France vient d’être condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme pour les conditions indignes de détention dans notre pays. Que l’on cesse de nous dire qu’actuellement, les prisons seraient un lieu sécurisé au plan sanitaire, s’offusque Me Martin. On va tout droit vers une catastrophe humanitaire compte tenu de la surpopulation carcérale. Les prisonniers aussi doivent être pris en compte par ceux qui gouvernent… »



Source

happy wheels 2
Visionnez des milliers de vidéos drôles et tous les buzz du moment. Le meilleur de l'actualité insolite du web sélectionné par Wiki01 !