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Alors que les journées de confinement se suivent et se ressemblent, le télétravail a transformé quelque peu mes habitudes concernant les actualités de mon voisinage. Ce vendredi matin, le coronavirus s’est invité dans mon immeuble et donc dans mon emploi du temps et la paranoïa qui va avec. 

Dixième jour de confinement, une forme de routine s’est installée dans mes journées. Sport, café au soleil et boulot en mode télétravail. Sauf que la journée de ce vendredi 27 mars a pris une tout autre tournure. Mon téléphone habituellement plutôt discret, lui aussi est passé en mode confinement, n’a pas arrêté de sonner de toute la matinée. Dans mon immeuble toulousain, situé près du quartier Saint-Aubin, à Toulouse, nous sommes une dizaine de propriétaires.

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Plutôt jeunes et maintenant plus amis que voisins, nous avons un groupe WhatsApp pour échanger, s’inviter à l’apéro et faire partager les besoins de la copropriété. Et ce matin, la conversation a tourné à l’investigation collective. Un premier message de mon voisin de palier fait état de la présence du Samu, dans la rue, en bas de mon appartement. Un véhicule que j’avais également aperçu mais qui ne m’avait pas forcément poussé à partager l’information.

Il n’en faut pas plus pour éveiller les soupçons. En l’espace de quelques secondes, tous mes voisins se mettent à s’alarmer. « Tout va bien pour vous ? », « Tu crois que c’est qui ? », « vous avez entendu quelque chose? », interroge l’un des habitants de mon immeuble. Les propriétaires du rez-de-chaussée émettent l’hypothèse que c’est peut-être notre voisine du dernier étage. Ils auraient entendu des murmures dans la cage d’escalier à ce sujet. L’enquête progresse. Au 1er étage, l’inquiétude grimpe.

Mieux qu’une partie de Cluedo confinée seule chez moi, je prends part aux investigations. « Je bossais de mon bureau et je les ai vus se changer dans la rue », ajoute Pierre*, propriétaire, contraint lui aussi de télétravailler. Il affirme d’ailleurs avoir aperçu deux de nos voisins sur le pas de la porte, en train de discuter avec l’équipe médicale. Ma curiosité est piquée. À croire que je ne suis pas journaliste pour rien. Je poste un message : « On devrait peut-être demander non ? ». Ma voisine et amie tempère « si le Samu est là, c’est un moment délicat, je crois qu’on devrait attendre ».

Elle n’a pas tort, mais le temps risque de passer beaucoup moins vite maintenant que cette bombe est posée. « Et maintenant l’ambulance… », s’inquiète Pierre*. Le va-et-vient des véhicules médicalisés ne passe plus inaperçu. La tension est palpable, même par écran de smartphone interposé.  

Très vite, l’envie de découvrir l’identité de la personne potentiellement touchée par le coronavirus laisse la place aux « mesures » à mettre en œuvre dans la copropriété.

Tout désinfecter

Étant un immeuble, géré par les propriétaires, nous nous occupons de tout, des petits travaux, à la comptabilité en passant par la sortie des poubelles. « Faudra songer à désinfecter toutes les parties communes, au sanytol », lâche Louise*, avec son humour habituel.

Une idée validée par les autres membres de ce groupe privé Whatsapp. J’interroge mes voisins sur les potentielles « précautions » qu’on pourrait mettre en place au sein de l’immeuble. Petite recherche sur internet de rigueur et quelques conseils ressortent. Désinfecter les poignées, les couvercles de poubelles, tous les points de contact, éviter les contacts rapprochés avec ses voisins… « Je pense qu’il faut se répartir les tâches, je peux m’occuper de passer régulièrement du produit sur la poignée de la porte d’entrée et sur la rambarde », propose Louise*. « Je suis d’accord pour tout passer au napalm », s’amuse encore Pierre*. Une blague qui cache une certaine forme d’angoisse.

Comme pour la gestion générale de la copropriété, c’est le système D qui va s’instaurer. Les plus optimistes d’entre nous voient dans cette nouvelle du jour un nouveau moyen d’occuper leurs journées; d’autres, plus angoissés par cette épidémie, une raison de plus de se calfeutrer à la maison.

Pour ma part, cette information va me pousser à aller plus souvent regarder par la fenêtre, pour être au fait la première des nouvelles de la copropriété. Je risque également de ressentir encore plus de flemme à l’idée de jeter mes poubelles. Je n’ai pas vu ma matinée passer, il est temps pour moi de raccrocher mon costume d’enquêtrice pour enfiler celui de journaliste. 

*Les prénoms ont été modifiés à la demande des personnes concernées et pour maintenir de bonnes relations entre voisins



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