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« Non, on n’est pas sous pression » pose le docteur Philippe Dalmon, le directeur médical de crise de l’hôpital de Chambéry, « mais on peut vite basculer » admet-il. Pas encore sous pression donc. Les chiffres varient très rapidement d’un jour à l’autre. Ce jeudi, on comptait une dizaine de personnes contaminées par le coronavirus, et « trois ou quatre patients en réanimation »

Le nombre de cas augmente tous les jours en Savoie (le taux d’incidence est désormais de 218 nouveaux cas sur 100 000 dans le département), et le centre hospitalier Métropole Savoie pourrait être sollicité pour accueillir des patients de Grenoble, Lyon ou encore Saint-Etienne, si ces services de réanimation se retrouvaient en situation de tension.

L’expérience de la première vague

Dans l’encadrement comme dans les services, c’est d’abord de la fatigue du personnel dont on parle, après la première vague de l’épidémie et un été passé à rattraper les reports d’opérations initialement programmées pendant le confinement. Même s’il y a de l’inquiétude face à l’accélération de la circulation du virus, il y a aussi l’expérience qui entre en compte. Caroline Gallois est cadre de santé au service de chirurgie orthopédique, transformé lors de la première vague en unité covid : « l’équipe est déjà formée, donc moins stressée, et connaît déjà les protocoles ». Les gestes barrières sont, bien sûr, devenus systématiques. Ils ne l’étaient pas il y a six mois.

Pendant la première vague, le personnel mobilisé en service de réanimation s’est formé sur le tas. Les équipes étaient mixtes, entre infirmières des autres étages et infirmières de réa, qui les pilotaient. « Là, on a structuré des formations, sur 14 heures, pour les infirmières et les médecins » explique Philippe Dalmon, le directeur médical de crise de l’hôpital. Quant au matériel, les autorités ont « tiré les leçons de la première vague »,« on a commandé sept respirateurs » informe Philippe Dalmon, en ajoutant qu’il y en a en stock sur le territoire. Sur les masques : « on peut tenir trois ou quatre mois pour l’instant, et on continue d’en commander bien entendu ». Aux urgences, de nouvelles méthodes de test permettent également de détecter plus rapidement qu’auparavant si le patient est positif ou non au coronavirus.

Une capacité maximale de 36 lits en réanimation

Pour le moment, le directeur médical de crise de l’hôpital de Chambéry explique que l’établissement n’est pas sous tension, même si la situation peut très vite basculer. Le service qui peut se retrouver rapidement en tension : sans surprise celui de réanimation. La capacité est la même aujourd’hui que lors de la première vague : « On a vingt places pour l’instant, on pourrait monter au maximum à 36 » indique Philippe Dalmon, pas plus. « Encore faut-il avoir les ressources humaines. Il faut six infirmières pour deux lits de réanimation » développe-t-il. 

Une nouvelle organisation

Pour faire face au manque de main d’oeuvre, l’organisation change : les patients contaminés ne seront plus uniquement concentrés dans des unités dédiées. Si leur état de santé ne nécessite pas une entrée en réanimation, et s’ils ont une pathologie dominante qui n’est pas la covid, ils iront dans le service correspondant. « Si la pathologie dominante est le coronavirus, ils iront en maladie infectieuse, en pneumologie ou si c’est plus grave, en soins critiques » poursuit Philippe Dalmon.

L'hôpital de Chambéry s'attend à subir la deuxième vague épidémique
L’hôpital de Chambéry s’attend à subir la deuxième vague épidémique © Radio France
Benjamin Mathieu

Et le risque de contagion ? « Un patient covid ne sort pas de sa chambre » assure le docteur Dalmon, « on s’est rendu compte que le nombre de patients qui deviennent positifs après un certain temps d’hospitalisation sur l’hôpital, c’est quasiment zéro ».

On va réactiver les unités covid dans tous les hôpitaux du territoire, pour éviter que tous les malades covid viennent sur Chambéry. Et on va faire en sorte que tous les services puissent recevoir des patients covid. Parce qu’on sait maintenant prendre en charge ces patients – Le docteur Philippe Dalmon, directeur médical de crise

Il explique qu’en plus d’une fatigue générale, il y a une pénurie de main d’oeuvre dans tout le pays. Et que les personnels en renfort seront beaucoup moins disponibles qu’il y a six mois, puisqu’il n’y a pas de confinement, et que l’activité continue. Qui dit ouverture de lits de réanimation supplémentaires d’un côté, dit déprogrammation d’opérations dans d’autres services. « On essaie de ne pas le faire comme sur la première vague, parce qu’ensuite il y a un rattrapage, et puis des patients qui se mettent en danger » admet Philippe Dalmon.



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