Google a été condamné par la Commission Européenne pour abus de position dominante. Outre une amende, la firme doit désormais offrir aux utilisateurs d’Android un moyen simple d’opter pour des alternatives à Chrome et Search.

Il y a bientôt trois ans, la Commission Européenne annonçait l’ouverture d’une enquête contre Google pour abus de position dominante vis-à-vis d’Android. Cette enquête a été menée suite au dépôt d’une plainte de plusieurs concurrents de la firme de Mountain View (Quant, Mozilla, etc.) car Google impose aux constructeurs de smartphones que Search et Chrome soient définis comme moteur de recherche et navigateur Web par défaut.

L’OS comme vecteur promotionnel

Il est de notoriété publique que Google impose certaines règles aux constructeurs non pas pour utiliser Android (qui est open source), mais pour préinstaller le Play Store dans un smartphone (passage obligé pour profiter de l’écosystème d’applications). L’une de ces règles est d’installer un pack d’applications (dont Chrome) accessibles depuis l’écran d’accueil de l’interface et d’intégrer le widget de Search à côté. En outre, si vous cliquez sur un lien, Chrome doit s’ouvrir par défaut (mais le réglage est modifiable à postériori).

Capture Android pour la concurrence

Cette pratique, qui avait d’ailleurs été reprochée à Microsoft vis-à-vis d’Internet Explorer et Bing dans l’écosystème Windows, est courante parmi les concepteurs de système d’exploitation : mettre en avant ses propres produits, c’est de bonne guerre. Dans iOS ou macOS, par exemple, si vous cliquez sur un lien, c’est Safari qui s’ouvre. Et le rôle de moteur de recherche par défaut dans les OS d’Apple se négocie très cher. Cependant, la différence entre Apple et Microsoft ou entre Apple et Google, c’est qu’Apple ne représente pas 80 % du marché. Alors qu’Android (dans les smartphones) et Windows 10 (dans les ordinateurs), si.

Séparer Play de Chrome et Search

L’été dernier, suite à une enquête qui aura donc duré deux ans, Margrethe Vestager, commissaire européenne en charge de la concurrence, confirmait que le comportement de Google vis-à-vis d’Android nuit à la concurrence. Elle affirmait alors que Google utilise son système d’exploitation mobile pour « cimenter sa position dominante dans la recherche sur Internet ». Elle a donc condamné la firme de Mountain View à une amende record de 4,3 milliards d’euros. Une amende record évidemment.

Cette amende était assortie d’une obligation pour Google de changer ses pratiques. Cela se déroule en deux temps. Le premier changement date d’octobre dernier, dans le délai des 90 jours imposé par la Commission. La firme a décorélé la licence d’exploitation du Play Store avec celle de Chrome et de Search. La licence Google Play Suite sera désormais payante pour un usage en Europe (mais l’utilisation d’Android reste gratuite). Une seconde licence d’exploitation spécifique à Search et Chrome a été créée.

Ouverture à la concurrence

Le second changement, qui concerne les usagers, a été dévoilé cette semaine. Les deux captures d’écran qui accompagnent cet article sont les exemples fournis par Google. Ils illustrent la façon dont les consommateurs européens (et européens seulement) pourront choisir leur navigateur Web et leur moteur de recherche au moment du premier démarrage d’un téléphone. La liste des alternatives change dans chaque pays en fonction de la popularité locale. Et l’ordre d’apparition sera basé sur le hasard. Si l’usager télécharge un navigateur ou un moteur alternatif durant cette phase, un autre écran lui indique comment changer le paramétrage par défaut.

En outre, pour mieux communiquer sur la possibilité de changer le moteur de recherche par défaut de Chrome, un onglet apparaitra désormais auprès de tous les usagers (aussi bien sur les nouveaux et que les anciens téléphones). Cet onglet informe les consommateurs qu’il est possible de changer le moteur de recherche du navigateur. Et un lien sera intégré pour rediriger l’usager vers le paramètre concerné.

Encore du chemin à parcourir

Nous avons évidemment une petite remarque sur la façon dont Google répond aux exigences de la Commission Européenne. Quel est le premier moteur de recherche dans la liste proposée ? C’est Google Search. Quel est le premier navigateur proposé ? Google Chrome. Sont-ils préinstallés sur le smartphone ? Oui. Et les autres ? Bien sûr que non. Google Search est-il par défaut le moteur de recherche de Chrome ? Oui. Sinon la firme n’aurait pas besoin de signaler aux nouveaux usagers qu’il est possible de modifier ce réglage. Bref, il reste encore un peu de chemin à parcourir pour que chaque alternative bénéficie des mêmes chances de succès. Mais un grand pas a été fait.



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