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Des scientifiques ont tenté de déterminer la date à laquelle il y aurait le plus de contaminations au coronavirus dans le monde. A quelle date le pic épidémique du Covid-19 sera-t-il atteint en France ? Est-on seulement au début de l’épidémie ?

[Mis à jour le mercredi 25 mars à 14h59] Chaque jour, le bilan des personnes malades et des décès dus au coronavirus s’alourdit. Mais la maladie, qualifiée depuis le 11 mars de pandémie par l’Organisation mondiale de la Santé, est-elle à son paroxysme ? Des chercheurs sont en train de prédire l’évolution de la propagation du coronavirus lors de ces prochains mois, en tenant compte des facteurs sociaux ainsi que des mesures d’hygiène et de confinement mises en place par les autorités de chaque pays. Ils se basent également sur le nombre de personnes qu’un malade peut infecter, soit la vitesse de transmission de la maladie

Le pic de l’épidémie se situerait entre le mois d’avril et le mois de mai.

Quand sera le pic de contamination au coronavirus ?

Une étude* publiée le 31 janvier 2020 dans la revue spécialisée The Lancet, a estimé que la maladie atteindrait probablement un pic entre les mois d’avril et mai 2020. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont réalisé de nombreuses courbes prédictives dans plusieurs villes chinoises particulièrement touchées par le virus (Pékin, Wuhan, Shanghai…). Pour chacune d’entre elles, ils ont constitué des « scénarios », en faisant à chaque fois varier deux paramètres : la transmissibilité du coronavirus (c’est-à-dire la capacité du virus à se transmettre) et la mobilité inter-urbaine dans la ville. Résultats : pour chacun des scénarios, le pic de l’épidémie se situe entre le mois d’avril et le mois de mai 2020. « S’il n’y a pas de réduction de la transmissibilité, l’épidémie atteindrait un pic vers avril 2020 et les épidémies locales dans les villes de Chine continentale seraient en retard de 1 à 2 semaines. En revanche, si la transmissibilité est réduite de 25% dans toutes les villes du pays, le taux de croissance et l’ampleur des épidémies locales seraient considérablement réduites : le pic épidémique serait retardé d’environ 1 mois (ce qui amène au mois de mai, ndlr) et son ampleur serait réduite d’environ 50%« , expliquent les auteurs de l’étude. Pour autant, la Commission nationale chinoise de la santé a indiqué, jeudi 12 mars 2020, que le pic de l’épidémie de coronavirus dans le pays était désormais passé et que le nombre de nouvelles infections continuait à diminuer. En effet, la Chine a fait état ce jour-là de son niveau de nouveaux cas le plus bas (15 nouvelles infections et 11 décès) depuis l’apparition du coronavirus en décembre 2019 à Wuhan. 

Quelques courbes prédictives du pic de l’épidémie Covid-19 en Chine

pic epidemie de coronavirus
Prévisions épidémiques pour Wuhan et cinq autres villes chinoises selon différents scénarios de réduction de la transmissibilité et de la mobilité interurbaine. © The Lancet

A-t-on atteint le pic de contamination en France ?

La France est dans une phase ascendante de personnes infectées. 

Le nombre de nouveaux cas augmente de façon croissante depuis le 8 mars : 177 nouveaux cas le 8 mars, 286 nouveaux cas le 9 mars, 372 nouveaux cas le 10 mars, 497 nouveaux cas le 11 mars, 595 nouveaux cas le 12 mars… « Le nombre de cas double désormais tous les 4 jours« , a confirmé Jérôme Salomon, directeur de la Santé lors d’un point presse du 19 mars. Pour autant, il est difficile de prévoir si le nombre de cas poursuivra son ascension, se stabilisera ou si au contraire, chutera. Le pic de l’épidémie pourrait être atteint entre le 25 et le 28 mars, signale Jérôme Salomon, Directeur Général de la Santé lors de son point de situation du vendredi 20 mars. Dans ce contexte, le confinement de la population, mis en place en France le mardi 17 mars 2020, autrement dit le respect de la distanciation sociale, semble être indispensable pour réduire le nombre de cas, retarder voire atténuer le pic épidémique et limiter son influence sur le système de santé. « Il faudra entre 10 à 28 jours pour obtenir un résultat de la modification des comportements et du confinement », poursuit-il. « Le pic, on n’y est pas du tout. Ce n’est qu’à partir du moment où l’on constatera une diminution du nombre de cas quotidiens qu’on aura franchi le pic épidémique« , indique au contraire le Professeur François Bricaire, infectiologue et membre de l’Académie nationale de médecine, contacté par Capital.

Ces résultats sont-ils fiables ?

Les résultats de l’étude ne sont que des prédictions et ne seraient donc pas fiables à 100%. Et ce, pour plusieurs raisons. Le virus responsable du Covid-19 a été découvert très récemment : sa période d’incubation (temps qui s’écoule entre l’époque de la contagion et l’apparition des symptômes d’une maladie) qui varie de 3 à 14 jours n’est pas assez précise pour déterminer de manière formelle la date du pic. De plus, 80% des gens ne font pas ou peu de symptômes, donc c’est un virus qui est asymptomatique ou bénin chez l’immense majorité des Français », a précisé le ministre de la Santé, Olivier Véran le lundi 9 mars 2020, ce qui ne permet pas de déterminer avec précision le nombre de personnes qu’un malade peut contaminer. 

Enfin, ce virus serait capable de muter très facilement, selon les dernières données scientifiques. Pourraient alors se développer d’autres souches du virus (actuellement, il n’y aurait que deux souches qui circulent  : L et S), plus ou moins contagieuses et plus ou moins pathogènes. « Ça, c’est impossible de le prédire », insiste Christophe d’Enfert, Professeur à l’Institut Pasteur et Directeur de l’Unité Biologie et Pathogénicité Fongiques. Et on peut facilement imaginer que si le coronavirus est capable d’acquérir d’autres mutations, il est très difficile, voire impossible à ce jour, de déterminer sa vitesse de transmission, sa contagiosité, son taux de reproduction et donc le pic maximal de l’épidémie. Voilà pourquoi en l’absence de données fiables, le gouvernement continue d’appliquer des mesures de confinement et d’endiguement du virus.

*Etude « Nowcasting and forecasting the potential domestic and international spread of the 2019-nCoV outbreak originating in Wuhan, China: a modelling study », publiée le 31 janvier 2020 et paru le 29 février dans la revue spécialisée The Lancet. 



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